Gender-Neutral Marriage and ‘Attenuated Discrimination’: Legal Developments in France

Guest Contributor - 24th April 2013

by Professor Daniel Borrillo-

During his election campaign, French president François Hollande announced as part of his political program:

I want to fight against all forms of discrimination and to make available new civil rights : I will make available to homosexual couples the rights to marriage and adoption.

Following this commitment, on November 7, 2012, the Prime Minister submitted to his cabinet a proposition for a law ‘making marriage available to same-sex couples’. In accordance with Hollande’s campaign promises, the future law is based on the argument of the struggle against discrimination and upon the principle of equality, even though, paradoxically, no mention is made to either of those ideals in the law’s preamble.

A status of legal inferiority persists for homosexual couples despite the adoption of the Civil Pact of Solidarity (PaCS)[1], which grants them civil unions with some of the legal benefits of marriage.  PaCS does not adequately ensure, support, or recognize for gay couples many of the legal rights, responsibilities, and privileges enjoyed by legally married heterosexual couples. Moreover, it does not recognise inheritance and other parental rights within homosexual families. Unlike PaCS, the bill for gender-neutral marriage originates not from the legislative but from the executive branch of government and thus reveals the president’s interest in the matter.  Despite fierce opposition from right-wing parties and an unprecedented mobilization of conservative forces, the senate approved the bill on April 12th and the National Assembly will vote on it at the end of May.

The text of the law provides an explanation of its supporting arguments, succinctly outlines the historical evolution of marriage, and stresses the fact that its aim – marriage equality – is supported by the majority of French citizens today (63% according to a poll conducted by Ifop). The law would essentially modify the civil marriage, family, and adoption code by using gender-neutral language such as « spouse » and « parent » on documents and certificates instead of traditional labels such as « husband », « wife », « father » and « mother ».

The bill may appear to grant equality to same-sex relationships, but where parenthood is concerned, the new law will allow gay couples to have children together only through the means of adoption. As far as the rights to make a family, the new law limits same-sex spouses to adoption (plenary adoption in which all bonds to adoptee’s birth family are severed, per civil code article # 343; adoption of a spouse’s existing biological child per article 345-1; as well as simple adoption per article 360, by which the adoptee may still maintain a relationship to birth family).  Thus, a lesbian couple, though married, will be refused access to medically assisted conception (such as artificial insemination). This is a matter the government expects to deal with as part of another reform measure planned for October.

Limiting the family planning of gay couples to adoption only is one of the most problematic aspects of the proposed law. If the law is adopted, another form of discrimination will be instituted between heterosexual and homosexual couples vis-à-vis access to medically assisted conception.

At its heart, the current bill corresponds to a strategy that I would qualify as ‘attenuated non-discrimination’. This assimilationist political tactic tends to apply (in a limited fashion) the principle of equality within the current judicial and legal framework without creating any new rights or modifying existing ones. The content of the next reform of the family code, planned for the month of October, will determine if medically assisted conception will be available for female same-sex couples. Concerning gay couples, the president has already announced his opposition to surrogate motherhood. To be continued…

Daniel Borrillo is a Professor of Private Law at the Université de Paris Ouest, and an Associate Researcher at CNRS. Professor Borrillo is the author of many works on this and related topics, including L’homophobie (PUF 2000), Le Doirt des sexualités (PUF 2009), and Bioéethique (Dalloz 2011).

Translation provided by Christopher Barros.

 

Original version in French

François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, annonçait dans son programme politique :

« Je veux lutter sans concession contre toutes les discriminations et ouvrir de nouveaux droits : J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels ».

Suite à cet engagement, le 7 novembre 2012, le Premier ministre soumet au Conseil de ministres le projet de loi « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ». Conformément aux promesses présidentielles, la future loi s’inscrit dans une logique de lutte contre les discriminations et d’affirmation du principe d’égalité même si, paradoxalement, aucune mention n’est faite à l’égalité et à la non-discrimination dans l’exposé de motifs.

Une situation d’infériorité s’est perpétuée pour les couples homosexuels, malgré l’adoption du PaCS [1]. Celui-ci demeure insuffisant en matière de droits conjugaux, ne garantissant pas, de surcroit, la reconnaissance de liens juridiques de filiation pour les familles homoparentales. Contrairement au PaCS, issu d’une proposition de loi (d’origine parlementaire), le mariage sans égard au sexe du conjoint est le résultat d’un projet de loi (d’origine gouvernementale), ce qui montre l’intérêt que le président de la République porte à la question. Malgré l’opposition acharnée des partis de droite et une mobilisation sans précédent des forces conservatrices, le projet de loi a été adopté par le sénat le 12 avril, le texte passe en deuxième lecture à l’Assemblée nationale pour un vote définitif prévue pour la fin du mois de mai.

Le projet de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de personnes de même sexe commence par un exposé de motifs traçant succinctement l’évolution historique du mariage et en rappelant qu’une majorité de français est aujourd’hui favorable (63% selon une enquête Ifop). Le projet de loi modifie essentiellement le code civil en matière de mariage, du nom patronymique et d’adoption. Il s’agit surtout d’harmoniser le droit en rendant neutre les termes autrefois sexués comme mari, femme, père ou mère en les remplaçant par ceux de conjoint et de parent.

Si la logique égalitaire semble imprimer les relations du couple, en ce qui concerne la filiation, le projet de loi propose d’ouvrir uniquement et « par voie de conséquence l’accès à la parenté à ces couples, via le mécanisme de l’adoption ». Les effets du mariage se limitent donc au droit d’adoption (aussi bien l’adoption plénière de l’art. 343 du code civil, l’adoption de l’enfant du conjoint de l’article 345-1 que l’adoption simple, art. 360 et suiv.).

Ainsi, un couple de lesbiennes, tout en étant marié, se verra refuser l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP). Le gouvernement considère que cette question doit faire l’objet d’une autre reforme annoncée pour le mois d’octobre.

La limitation des droits de filiation à l’adoption semble le point le plus problématique du projet de loi car si la loi est adoptée dans l’état, une discrimination s’instaurera au sein des couples mariés selon qu’il s’agisse d’une union hétérosexuelle ou d’une union homosexuelle, vis-à-vis de l’accès à l’AMP.

Sur le fond, le projet de loi répond à une stratégie que je qualifierais de « non-discrimination atténuée ». Cette politique, de type assimilationniste, tend à appliquer (de manière limitée) le principe d’égalité en fonction du dispositif juridique existant sans créer de droits nouveau ni modifier ceux existants.

Le contenu de la prochaine réforme du droit de la famille annoncée pour le mois d’octobre permettra de savoir si l’AMP sera accessible aux couples de femmes. Concernant les couples gay, le président à déjà annoncé son opposition à la gestation pour autrui.  A suivre…

Daniel Borrillo est Professeur de droit privé à l’université de Paris Ouest. Chercheur associée au CNRS. Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels L’homophobie, PUF 2000, Le Droit des sexualités PUF 2009 et Bioéthique, Dalloz 2011.

 


[1] Loi n° 99-944 du 15 novembre 1999 relative au pacte civil de solidarité et au concubinage, intégrée dans les articles 515-1 à 515-8 du code civil.

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